Par Dre. Rut Gómez de Segura (Gynécologue – N° 28/2908776).
Le tabagisme, au-delà d’être une habitude nocive, est une maladie chronique et addictive reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un trouble mental et du comportement. Cette addiction n’affecte pas seulement la santé générale des individus, mais elle a également des effets dévastateurs sur la capacité reproductive des hommes et des femmes.
L’OMS classe le tabagisme comme une maladie en raison de sa nature addictive et des graves conséquences qu’il entraîne sur la santé. En effet, la consommation de tabac est responsable de nombreuses maladies, notamment le cancer du poumon, ainsi que les maladies cardiovasculaires et respiratoires. En Espagne, on estime que le tabac provoque environ 50 000 décès chaque année.
Selon l’Enquête sur l’alcool et autres drogues en Espagne (EDADES) de 2024, la consommation quotidienne de tabac parmi la population âgée de 15 à 64 ans a diminué à 25,8%, le niveau le plus bas depuis 30 ans. Cependant, l’augmentation de l’usage de cigarettes électroniques, en particulier chez les jeunes, reste préoccupante.
« Parmi les problèmes causés par le tabagisme, il faut garder à l’esprit qu’il peut nuire à la fertilité féminine comme masculine de différentes manières », explique la Dre Rut Gómez de Segura, spécialiste en procréation médicalement assistée chez IVF-Life Madrid.
Chez la femme, fumer peut interférer avec la production d’œstrogènes — hormones essentielles à l’ovulation et à la préparation de l’utérus pour la grossesse — et réduire la quantité et la qualité des ovocytes, que l’exposition à la fumée de tabac soit active ou passive. À cet égard, les fumeuses présentent jusqu’à 60% de risque supplémentaire de développer des problèmes de fertilité par rapport aux non-fumeuses.
Chez l’homme, le tabagisme peut entraîner une diminution de la concentration, de la mobilité et de la morphologie normale des spermatozoïdes, ce qui affecte leur capacité à féconder l’ovule. De plus, un usage excessif du tabac peut provoquer une azoospermie, état caractérisé par l’absence de spermatozoïdes dans le sperme.
« Le meilleur moyen de prévenir les effets négatifs du tabagisme sur notre fertilité est, évidemment, d’arrêter de fumer. La sensibilisation à ses effets et l’adoption de mesures préventives sont essentielles pour préserver la santé reproductive », souligne la Dre Gómez.
Cependant, arrêter de fumer n’est pas toujours simple, ni même possible, et il se peut que, même après l’abandon du tabac, certains effets soient irréversibles. Dans ces cas, il peut être nécessaire de recourir à des techniques de procréation médicalement assistée pour obtenir une grossesse. Parmi celles-ci, on trouve la cryopréservation des ovocytes et du sperme afin de préserver les gamètes chez les patients qui souhaitent reporter une maternité ou paternité, ainsi que la fécondation in vitro (FIV) avec injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), qui permet de sélectionner les meilleurs spermatozoïdes pour la fécondation afin d’obtenir des embryons ayant un bon potentiel d’implantation.
Par ailleurs, il existe des techniques avancées de sélection des spermatozoïdes permettant d’identifier et d’utiliser ceux présentant un faible taux de fragmentation de l’ADN spermatique avant de réaliser l’ICSI. Ces méthodes peuvent augmenter les chances de succès de la fécondation et améliorer la qualité embryonnaire, ce qui est particulièrement utile lorsque le tabagisme a altéré l’intégrité du matériel génétique spermatique.
Dre Rut Gómez de Segura, spécialiste en procréation médicalement assistée chez IVF-Life Madrid